Les Soeurs Boulay – Le poids des confettis

Mario -

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Cet automne je suis monté à Girardville pour allez à la chasse. Parti comme d'habitude trop rapidement de chez moi, j'ai du arrêter en route pour faire le plein en disques à écouter. Et comme la forêt m’attend, je n’ai pas le choix: du country et du folk. Dans le cas d’une longues routes comme celle-là, ça prend au moins trois nouveaux albums.

  • Premièrement, une valeur sûre dont t’as trop longtemps repoussé l'achat. Dans mon cas, c'était American V: A Hundred Highways de Johnny Cash. Avec Rick Rubin, “The Man In Black”, impossible de se tromper.
  • Deuxièmement, une autre valeur sûre mais plus risquée,un disque dont tu n’as entendu que quelques critiques ou qu’un ami t’a fortement suggéré. Mon deuxième choix s'est donc arrêté sur l'album country/Rock-a-billy de Daniel Bélanger.

Restait le troisième album. Celui-ci devait obligatoirement être très différent,pratiquement choisi au hasard. Il peux découler d'une histoire, d'une anecdote ou simplement être la nouvelle sortie d'un groupe bien-aimé. Mais une chose reste: il devait être choisi par instinct! Au pif. Ma troisième sélection fut l'album Le Poids Des Confettis par Les Soeurs Boulay.

Le peu de choses que je savais à propos de cet album c'était que plusieurs mauvaises personnes, incluant la plupart des critiques au Québec, l'adoraient et que ces fameuses soeurs Boulay étaient en voie de tout rafler au prochain gala de l'ADISQ. J'avais très peu d'infos crédibles pour orienter ma sélection. Le bruit commençait déjà à courir par des connaissances que “Les Soeurs Boulay” n'étaient rien d'autre qu'un feu de paille, une anomalie dans la matrice. On prédisait même l’extinction de la vague folk-minimaliste que subit le Québec présentement, une tentative malhabile de commercialisation d'une scène marginale florissante par ses Bernard Adamus et ses Lisas Leblanc. Peu importe! Si cet album était une boîte de pandore, je voulais absolument y assister. Le parfait troisième disque!

Vous connaissez peut-être le premier extrait de l'album: Des shooters de fort sur ton bras. Une bonne chanson remplie de naïveté Coeur-de-Piratesque. À date rien pour rassurer. Il y a tout de même quelque chose de différent qui en ressort, une espèce d'aisance. Quelque chose qui laisse entrevoir un talent d'une grandeur que Coeur de Pirate ne peut qu’espérer atteindre qu’en rêve.

Il suffit de faire jouer les dix premières secondes de l'album pour confirmer que Les Soeurs Boulay ne jouent absolument pas dans la même ligue que la plupart des artistes dans ce créneau! Leur harmonie vocale est tout simplement parfaite peu importe la chanson! Non seulement possèdent-elles des voix exceptionnelles mais aussi une maîtrise sans égale. Chaque chanson est un unique bijoux hors de prix! Il y a une très mince ligne entre le mielleux et le quétaine, elles ne traversent jamais cette ligne. Même en sifflotant des chansons d'amour, chaque note est parfaitement à sa place. Il est absolument remarquable de faire des chansons autant orientées vers les paroles sans jamais tomber dans le morphinisme à la sauce Lynda Lemay. Elles sont capable de composer à propos de la nature sans pour autant donner dans le cliché “végé-alter-éco-néo-hippie” avec peu de moyen et peu de qualité à la sauce DobaCaracol. D'ailleurs, quand il est question de musique folk,  "simplicité" rime trop souvent avec "travail bâclé". Une infamie que Les Soeurs Boulay ne font jamais sur cet album.

Chaque images peintes, chaque métaphores, ne sont ni trop nébuleuses ni trop superficielles, toujours très bien ficelées. Quand  "Avec pas d'casque" ont l'air de se forcer pour déparler et que Daniel Bélanger a l'air d'être surveillé par sa maîtresse d'école, Les Soeurs Boulay, elles, savent ajuster leur registre de la langue: ni trop vulgaire ni trop soutenu. Le Poids Des Confettis est un album hautement Québécois et exceptionnellement bon. Et de surcroît, politiquement neutre! Un exploit que peu d'artistes peuvent se venter d’accomplir apparemment. Comme quoi arrêter de faire de la politique pendant 30 minutes ça fait du bien.

J'ai finalement trouvé pourquoi cet album est parfois snobé par certaines personnes. Le Poids Des Confettis  est un album beaucoup trop personnel pour être écouter en public. C'est l'album qu'ont cache quand les chums viennent écouter la game de hockey. J’ai délibérément laissé de côté deux ou trois chansons un peu plus mélancoliques sur l'album . J'aime mieux essayer de nier que ces chansons là existent. Je refuse de vivre dans un monde où les soeurs Boulay ont déjà été tristes!


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