Introduction

Retournons dans le passé, il y a une quinzaine d’années, lorsque le disque compact était le format le plus répandu pour se procurer de la musique. Dans ce temps-là, il y avait deux classes de personnes. Il y avait ceux qui n’achetaient pas de disques, parce que, selon eux, sur un disque, il n’y avait rien qu’une ou deux bonnes chansons. Il y avait l’autre classe, à laquelle j'appartenais et que j’appartiens toujours : ceux qui achetaient des disques. C’est en achetant des albums et en les écoutant d’un couvert à l’autre qu’on découvre les artistes sous toutes leurs faces. Souvent, les meilleures chansons d’un artiste ne sont pas les singles qu’on entend à la radio, mais plutôt des pièces obscures qu’on apprend à aimer après plusieurs écoutes.

Où est le lien avec Forcefield, le nouvel album de Tokyo Police Club ? Le voici : lorsque j’écoute cet album, j’ai presque le goût de changer de camp. J’aimerais vous dire de ne pas acheter cet album, car il n’y a qu’une chanson de bonne, mais ça serait la chose facile à faire. Comme vous l’avez sans doute constaté, notre site web s’appelle «Bon Stock» et non «Mauvais Stock» ; on a comme mission de mettre en lumière le matériel qu’on aime et qu’on veut faire connaître. Je me suis donc lancé comme défi de faire ressortir le positif de Forcefield et la meilleure façon que j’ai trouvée est d’illustrer tout ça avec des graphiques.

Le groupe et l'album

Avant d’aller plus loin, une petite mise en contexte s’impose. Tokyo Police Club est un groupe rock alternatif canadien qui a frappé très fort en 2007 avec leur premier EP A Lessone in Crime. Leur avenir était prometteur, mais tout leur matériel subséquent m’a toujours déçu. Après avoir entendu le single Argentina, je me disais qu’enfin, on allait assister à l’éclosion d’un groupe qui cherchait à se définir. J’avais fondé des attentes monumentales en Forcefield ; c’est peut-être pour cette raison que je suis si déçu.

Laissons parler les chiffres

J’ai assez parlé ; c’est maintenant au tour des chiffres de le faire. Forcefield est un album court : 33 minutes 24 secondes pour être exact.

Premier graphique :

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  • Premier point positif : L’album n’est pas très bon, mais au moins c’est vite passé.
  • Deuxième point positif : ma chanson préférée, Argentina I, II, III est au début de l’album ; on commence donc avec le dessert.
  • Troisème, point positif : Argentina I, II, III est la chanson la plus longue de l’album ; et par beaucoup : elle dure 8 minutes 32 secondes! 

Conclusion : La meilleure chanson couvre plus de 25% de la durée totale de l’album.

 

Deuxième graphique :

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Argentina I, II, III est excellente ; elle se mérite la plus haute note. On remarque ensuite une baisse progressive de la qualité pour s’écraser au plancher à la pièce Gonna Be Ready. Je trouve important de mentionner que j’ai détesté cette chanson en raison de sa trop grande «inspiration» (pour ne pas dire copier-coller) du style d’un autre groupe canadien connu. Ensuite s’enchaînent deux pièces fades avant d’avoir enfin droit à la dernière pièce digne d’intérêt, Tunnel Vision. Pour finir, Through the Wire est un bel essai, mais c’est trop peu, trop tard. La dernière pièce soporifique à souhait clôt l’album d’une bien triste façon.

Conclusion : la qualité des chansons est très inégale.

 

Dernier tableau :

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Comme la longueur des chansons et leur qualité sont inégales, il est difficile d’attribuer une note globale à l’album. J’ai donc multiplié la note de chacune des pièces par son coefficient de durée pour obtenir une note pondérée. La somme de ces notes nous donne en fin celle de l’album.

 

Conclusion

Dès la première écoute, j’étais prêt à rendre mon jugement sur Forcefield : déception. J’espérais qu’en approfondissant l’écoute et en utilisant la méthode mathématique, le verdict allait changer. Hélas ; les chiffres ont parlé.

Je vous conseille tout de même d’acheter l’excellente chanson Argentina I, II, III sur iTunes.

 

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